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Limites de suites

Cette fiche permet de déterminer la limite d'une suite : savoir ce qu'il se passe quand nn devient très grand, et le calculer sans deviner.


1. Définition

Notion de limite d'une suite

Chercher la limite d'une suite (un)(u_n), c'est se demander ce que deviennent ses termes lorsque nn devient de plus en plus grand : ils peuvent se rapprocher d'un nombre, devenir immenses, ou ne pas se stabiliser.

Cette limite, lorsqu'elle existe, se note :

lim⁡n→+∞un\lim_{n \to +\infty} u_n

Limite finie et infinie

Limite finie. La suite (un)(u_n) a pour limite le réel LL si quand n augmente (un)(u_n) se rapproche de plus en plus de LL. On écrit un→Lu_n \to L : la suite converge.

Limite +∞+\infty. La suite (un)(u_n) tend vers +∞+\infty si tout intervalle de la forme ]A ; +∞[]A\ ;\ +\infty[ contient tous les termes à partir d'un certain rang. Autrement dit, quel que soit le nombre AA choisi, aussi grand soit-il, les termes finissent tous par le dépasser.

Exemple : un=n2u_n = n^2 et A=10 000A = 10\,000. On a n2>10 000n^2 > 10\,000 dès que n≥101n \geq 101. À partir du rang 101, tous les termes dépassent 10 000. Et cela marche pour n'importe quel AA : il faut seulement aller plus loin dans la suite.

Limite −∞-\infty. La suite (un)(u_n) tend vers −∞-\infty si tout intervalle de la forme ]−∞ ; A[]-\infty\ ;\ A[ contient tous les termes à partir d'un certain rang : les termes finissent tous sous n'importe quel nombre.

Exemple : un=−nu_n = -n tend vers −∞-\infty.

À retenir :

  • limite finie : la suite converge ;
  • limite infinie, ou pas de limite du tout (comme (−1)n(-1)^n) : la suite diverge.

2. Limites usuelles

Suites de référence à connaître

Ces limites servent de base à tous les calculs suivants. Il faut les connaître sans hésiter.

SuiteLimite
nn+∞+\infty
n2n^2+∞+\infty
nkn^k (avec kk entier, k≥1k \geq 1)+∞+\infty
n\sqrt{n}+∞+\infty
1n\dfrac{1}{n}00
1n2\dfrac{1}{n^2}00
1nk\dfrac{1}{n^k} (avec kk entier, k≥1k \geq 1)00
1n\dfrac{1}{\sqrt{n}}00

L'idée à garder en tête : une puissance de nn devient immense, et son inverse devient minuscule.

Puissances et expressions classiques

Pour la suite géométrique qnq^n, la limite dépend de la valeur de qq :

Valeur de qqLimite de qnq^nExemple
q>1q > 1+∞+\infty2n2^n
q=1q = 1111n=11^n = 1
−1<q<1-1 < q < 100(12)n\left(\dfrac{1}{2}\right)^n, (−0,5)n(-0{,}5)^n
q≤−1q \leq -1pas de limite(−1)n(-1)^n, (−2)n(-2)^n

Pour q≤−1q \leq -1, la suite alterne entre des valeurs positives et négatives sans jamais se stabiliser : elle n'a pas de limite.


3. Formes indéterminées

Pour calculer une limite, on utilise d'abord les règles de calcul sur les limites. Elles sont assez naturelles :

  • si un→Lu_n \to L et vn→L′v_n \to L', alors un+vn→L+L′u_n + v_n \to L + L', un×vn→L×L′u_n \times v_n \to L \times L' et, si L′≠0L' \neq 0, unvn→LL′\dfrac{u_n}{v_n} \to \dfrac{L}{L'} ;
  • +∞+(+∞)=+∞+\infty + (+\infty) = +\infty et +∞×(+∞)=+∞+\infty \times (+\infty) = +\infty ;
  • un nombre divisé par une quantité qui tend vers ±∞\pm\infty donne 00.

Dans certains cas, ces règles ne permettent pas de conclure : on parle de forme indéterminée.

0/0 ; +∞/+∞ ; 0 × +∞ ; +∞ − ∞

Ces quatre formes sont indéterminées :

00+∞+∞0×(+∞)+∞−∞\frac{0}{0} \qquad \frac{+\infty}{+\infty} \qquad 0 \times (+\infty) \qquad +\infty - \infty

« Indéterminée » ne veut pas dire « pas de limite ». Cela veut dire que le résultat dépend des suites en jeu, et qu'il faut transformer l'expression pour conclure.

Exemple avec +∞−∞+\infty - \infty : trois suites de ce type, trois résultats différents.

  • n−n=0n - n = 0, qui tend vers 00 ;
  • n2−nn^2 - n, qui tend vers +∞+\infty ;
  • n−n2n - n^2, qui tend vers −∞-\infty.

Méthodes pour les traiter

Méthode 1 : factoriser par le terme dominant.

Le terme dominant est celui qui « pèse le plus » quand nn est grand (la plus grande puissance de nn). Le factoriser fait apparaître des termes dont la limite est connue. Cette méthode règle +∞−∞+\infty - \infty et +∞+∞\dfrac{+\infty}{+\infty}.

Exemple (+∞−∞+\infty - \infty) : un=n2−nu_n = n^2 - n.

un=n2(1−1n)u_n = n^2\left(1 - \frac{1}{n}\right)

Or n2→+∞n^2 \to +\infty et 1−1n→11 - \dfrac{1}{n} \to 1. Par produit, un→+∞u_n \to +\infty.

Exemple (+∞+∞\dfrac{+\infty}{+\infty}) : un=2n+1n+3u_n = \dfrac{2n + 1}{n + 3}.

Factoriser le numérateur et le dénominateur par nn, puis simplifier :

un=n(2+1n)n(1+3n)=2+1n1+3nu_n = \frac{n\left(2 + \dfrac{1}{n}\right)}{n\left(1 + \dfrac{3}{n}\right)} = \frac{2 + \dfrac{1}{n}}{1 + \dfrac{3}{n}}

Le numérateur tend vers 22, le dénominateur vers 11. Par quotient, un→2u_n \to 2.

Méthode 2 : simplifier ou se ramener à un seul quotient.

Cette méthode règle 0×(+∞)0 \times (+\infty) et 00\dfrac{0}{0}.

Exemple (0×(+∞)0 \times (+\infty)) : un=n×1n2u_n = n \times \dfrac{1}{n^2}.

un=nn2=1n→0u_n = \frac{n}{n^2} = \frac{1}{n} \to 0

Exemple (00\dfrac{0}{0}) : un=1n1n2u_n = \dfrac{\dfrac{1}{n}}{\dfrac{1}{n^2}}.

un=1n×n2=n→+∞u_n = \frac{1}{n} \times n^2 = n \to +\infty

Méthode 3 : multiplier par la quantité conjuguée.

Quand l'expression contient une différence de racines carrées (+∞−∞+\infty - \infty), multiplier et diviser par la somme des deux racines. L'identité (a−b)(a+b)=a2−b2(a - b)(a + b) = a^2 - b^2 fait disparaître les racines.

Exemple : un=n+1−nu_n = \sqrt{n + 1} - \sqrt{n}.

un=(n+1−n)(n+1+n)n+1+n=(n+1)−nn+1+n=1n+1+nu_n = \frac{\left(\sqrt{n+1} - \sqrt{n}\right)\left(\sqrt{n+1} + \sqrt{n}\right)}{\sqrt{n+1} + \sqrt{n}} = \frac{(n+1) - n}{\sqrt{n+1} + \sqrt{n}} = \frac{1}{\sqrt{n+1} + \sqrt{n}}

Le dénominateur tend vers +∞+\infty. Donc un→0u_n \to 0.


4. Comparaison

Théorème des gendarmes

Soient (un)(u_n), (vn)(v_n) et (wn)(w_n) trois suites telles que, à partir d'un certain rang :

un≤vn≤wnu_n \leq v_n \leq w_n

Si (un)(u_n) et (wn)(w_n) convergent vers la même limite LL, alors (vn)(v_n) converge aussi vers LL.

L'idée : la suite (vn)(v_n) est coincée entre deux suites qui se rejoignent en LL. Elle n'a pas d'autre choix que d'aller en LL elle aussi.

Comparaison de suites

Soient (un)(u_n) et (vn)(v_n) deux suites telles que, à partir d'un certain rang :

  • si un≥vnu_n \geq v_n et vn→+∞v_n \to +\infty, alors un→+∞u_n \to +\infty ;
  • si un≤vnu_n \leq v_n et vn→−∞v_n \to -\infty, alors un→−∞u_n \to -\infty.

L'idée : une suite qui reste au-dessus d'une suite qui part vers +∞+\infty part elle aussi vers +∞+\infty. Ce théorème ne sert que pour les limites infinies.

Utilisation pour déterminer une limite

Quand le calcul direct est impossible (par exemple à cause d'un (−1)n(-1)^n ou d'un cosinus), procéder en trois temps :

  1. Choisir le théorème : gendarmes pour une limite finie attendue, comparaison pour une limite infinie.
  2. Encadrer ou minorer la suite à l'aide d'une inégalité connue, comme −1≤(−1)n≤1-1 \leq (-1)^n \leq 1.
  3. Conclure en citant le théorème et les limites des suites de comparaison.

Exemple (gendarmes) : déterminer la limite de vn=(−1)nnv_n = \dfrac{(-1)^n}{n} pour n≥1n \geq 1.

Pour tout entier n≥1n \geq 1, on a −1≤(−1)n≤1-1 \leq (-1)^n \leq 1. En divisant par nn qui est positif :

−1n≤(−1)nn≤1n-\frac{1}{n} \leq \frac{(-1)^n}{n} \leq \frac{1}{n}

Or −1n→0-\dfrac{1}{n} \to 0 et 1n→0\dfrac{1}{n} \to 0. D'après le théorème des gendarmes, vn→0v_n \to 0.

Exemple (comparaison) : déterminer la limite de un=n+(−1)nu_n = n + (-1)^n.

Pour tout nn, on a (−1)n≥−1(-1)^n \geq -1, donc :

un≥n−1u_n \geq n - 1

Or n−1→+∞n - 1 \to +\infty. D'après le théorème de comparaison, un→+∞u_n \to +\infty.

Tu as tout compris ? Vérifie-le en quelques questions.

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