Cette fiche étend le produit scalaire à l'espace, puis l'utilise pour parler de droites orthogonales, de plans perpendiculaires et de projections orthogonales.
Dans toute la fiche, l'espace est muni d'un repère orthonormé.
1. Produit scalaire dans l'espace
Définition et calcul du produit scalaire
Comme dans le plan, le produit scalaire de deux vecteurs u et v est un nombre, noté u⋅v :
u⋅v=∥u∥×∥v∥×cos(u,v)
où u,v est l'angle entre les deux vecteurs (ils sont toujours dans un même plan, même dans l'espace).
Calcul à partir des coordonnées
Dans un repère orthonormé :
Pour uxyz et vx′y′z′ :
u⋅v=xx′+yy′+zz′
La norme d'un vecteur se calcule avec la même idée : ∥u∥=u⋅u=x2+y2+z2.
Exemple :u123 et v2−11.
u⋅v=1×2+2×(−1)+3×1=2−2+3=3
Interprétation du signe et du résultat
Le signe du produit scalaire renseigne sur l'angle θ entre les vecteurs (non nuls) :
u⋅v>0 : l'angle est aigu (cosθ>0) ;
u⋅v<0 : l'angle est obtus (cosθ<0) ;
u⋅v=0 : l'angle est droit.
On peut aussi retrouver l'angle : cosθ=∥u∥×∥v∥u⋅v.
Exemple : pour les vecteurs précédents, ∥u∥=14 et ∥v∥=6, donc cosθ=843≈0,327. Le produit scalaire est positif : l'angle est aigu, d'environ 71∘.
Lien entre produit scalaire nul et orthogonalité
Deux vecteurs sont orthogonaux si et seulement si leur produit scalaire est nul :
u⊥v⟺u⋅v=0
Le vecteur nul est considéré comme orthogonal à tous les vecteurs.
2. Orthogonalité des droites et des vecteurs
Vecteurs orthogonaux
Exemple :u12−1 et v303.
u⋅v=3+0−3=0. Les vecteurs sont orthogonaux.
Deux droites orthogonales
Deux droites de l'espace sont orthogonales lorsque leurs vecteurs directeurs sont orthogonaux. Cette définition ne demande pas que les droites se coupent.
Comment vérifier l'orthogonalité à partir des vecteurs directeurs
Repérer un vecteur directeur u de la première droite et v de la seconde.
Calculer u⋅v.
Si le résultat est 0, les droites sont orthogonales ; sinon, elles ne le sont pas.
Attention à la différence entre orthogonales et perpendiculaires dans l'espace
Deux droites sont orthogonales si leurs directions forment un angle droit.
Deux droites sont perpendiculaires si elles sont orthogonales et sécantes (elles se coupent).
Deux droites perpendiculaires sont donc orthogonales, mais deux droites orthogonales ne sont pas toujours perpendiculaires.
Exemple : dans le cube ABCDEFGH, avec le repère (A;AB,AD,AE), on a A(0;0;0), B(1;0;0), C(1;1;0) et G(1;1;1).
AB100 et CG001 : AB⋅CG=0. Les droites (AB) et (CG) sont orthogonales.
Mais elles ne se coupent pas ((AB) a pour équations y=0 et z=0 ; (CG) a pour équations x=1 et y=1 : aucun point commun). Elles ne sont donc pas perpendiculaires.
3. Droite et plan
Droite orthogonale à un plan
Une droite (d) est orthogonale à un plan(P) lorsqu'elle est orthogonale à toutes les droites de (P).
Critère permettant de montrer qu'une droite est orthogonale à un plan
Il suffit de vérifier l'orthogonalité avec deux directions non colinéaires du plan.
Critère. Soit u un vecteur directeur de (d), et soient v1 et v2 deux vecteurs non colinéaires dirigeant (P). Si u⋅v1=0 et u⋅v2=0, alors (d) est orthogonale à (P).
Exemple :(P) est le plan passant par A(0;0;0) dirigé par v11−10 et v201−1, et u111.
u⋅v1=1−1+0=0 ;
u⋅v2=0+1−1=0.
Toute droite de vecteur directeur u est orthogonale à (P).
Utilisation des vecteurs normaux
Un vecteur normal à un plan (P) est un vecteur non nul orthogonal à ce plan, c'est-à-dire un vecteur directeur d'une droite orthogonale à (P). Dans l'exemple précédent, n111 est un vecteur normal à (P).
Équation d'un plan. Le plan passant par A(xA;yA;zA) et de vecteur normal nabc est l'ensemble des points M tels que AM⋅n=0, soit :
a(x−xA)+b(y−yA)+c(z−zA)=0
On en tire une équation de la forme ax+by+cz+d=0. Les coefficients de x, y et z donnent donc directement un vecteur normal.
Exemple : plan passant par A(1;0;2) de vecteur normal n12−1.
(x−1)+2y−(z−2)=0⟺x+2y−z+1=0
Vérification : pour A, 1+0−2+1=0 ✓.
Plans perpendiculaires
Deux plans sont perpendiculaires lorsque leurs vecteurs normaux sont orthogonaux.
Exemple :(P):x+y+z=0 (normal 111) et (P′):x−y=0 (normal 1−10).
Produit scalaire des vecteurs normaux : 1−1+0=0. Les plans (P) et (P′) sont perpendiculaires.
4. Projection orthogonale
Projection orthogonale d'un point sur une droite
Soit (d) une droite de vecteur directeur u et M un point. Le projeté orthogonal de M sur (d) est le point H de (d) tel que MH est orthogonal à u. C'est le point de (d)le plus proche de M.
Projection orthogonale d'un point sur un plan
Soit (P) un plan de vecteur normal n et M un point. Le projeté orthogonal de M sur (P) est le point H de (P) tel que MH est colinéaire à n. C'est le point de (P)le plus proche de M.
Reconnaître et construire une projection orthogonale
Pour construire le projeté, il y a deux méthodes, selon l'objet.
Sur une droite. Soit A∈(d). Écrire H=A+tu (un point de (d) avec un paramètre t), puis imposer MH⋅u=0. On obtient une équation en t.
Exemple :(d) passant par A(1;0;1) de vecteur directeur u110, et M(3;0;3).
Le point H a pour coordonnées (1+t;t;1). Donc MHt−2t−2. La condition MH⋅u=0 donne :
(t−2)+t+0=0⟺t=1
Le projeté est H(2;1;1).
Sur un plan. Écrire H=M+kn (on part de M dans la direction normale), puis imposer que H vérifie l'équation du plan. On obtient une équation en k.
Exemple :(P):x+y+z−3=0, de vecteur normal n111, et M(2;2;2).
Le point H a pour coordonnées (2+k;2+k;2+k). Dans l'équation du plan :
3(2+k)−3=0⟺3+3k=0⟺k=−1
Le projeté est H(1;1;1).
Lien entre projection orthogonale et perpendicularité
Si M n'est pas sur la droite (d), la droite (MH) est perpendiculaire à (d) : elle est orthogonale à (d) et elles se coupent en H.
Pour un plan, la droite (MH) est orthogonale au plan(P).
Utilisation de la projection pour déterminer des longueurs/distances
La distance d'un point M à une droite ou à un plan est la longueur MH, où H est le projeté orthogonal de M.
Exemples :
distance de M(3;0;3) à la droite (d) de l'exemple précédent : MH−11−2 (avec H(2;1;1)), donc MH=1+1+4=6 ;
distance de M(2;2;2) au plan (P) : MH−1−1−1, donc MH=3.
Tu as tout compris ? Vérifie-le en quelques questions.